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Colère refoulée : les conséquences invisibles sur notre santé

Karine D’Oro     –     7 minutes de lecture

Elle bouillonne. Elle frappe à la porte. Mais on la retiens.

La colère, on a appris à la dresser : on la ravale, on la ravales encore, jusqu’à ne plus la sentir. Jusqu’à croire qu’elle a disparu.
Mais elle ne part pas. Elle se transforme. En fatigue, en tension, en culpabilité, en larmes rentrées, en sommeil agité, en épuisement chronique…

La colère qu’on n’exprime pas, le corps la garde. Et c’est lui, un jour, qui craque.

Tout ce que tu n’exprimes pas s’imprime !

Ce n’est pas un slogan. C’est une réalité vécue par des milliers de femmes : perfectionnistes, gentilles, fortes, solides en apparence — mais en guerre silencieuse à l’intérieur.

Cet article parle du lien entre colère refoulée, fatigue chronique, burn-out, dépression, maladies auto-immunes et pourquoi on ne peut pas espérer aller mieux sans réintégrer cette émotion qu’on nous a appris à redouter.

Illustration d’une femme qui refoule sa colère et en subit les conséquences physiques et émotionnelles

Qu’est-ce que la colère ? Une émotion vitale et protectrice

Définition et rôle biologique de la colère

La colère n’est pas une ennemie. C’est une alliée précieuse. Une émotion de vie, brute, intense, nécessaire.

Elle surgit quand on viole notre espace intérieur, quand une limite est franchie, quand un besoin profond est nié.

Sur le plan biologique, c’est une montée d’énergie. Un système d’alarme activé pour nous aider à dire STOP. À nous redresser. À protéger ce qui est sacré en nous.

Une émotion liée à la survie et à la délimitation

La colère est la gardienne de notre intégrité. Elle nous sert à poser une limite. Elle dit : “Tu vas trop loin”, “Je ne veux pas ça”, “J’existe”.

Sans colère, on se laisse envahir. On se suradapte. On s’efface. Jusqu’à oublier qu’on a le droit d’exister pleinement.

La colère est aussi la protectrice de notre vérité intérieure. Celle qui nous relie à ce qui est juste pour nous, à ce qui ne l’est plus. Elle trace une ligne entre le soi authentique et le soi socialement attendu.

Pourquoi avons-nous honte d’être en colère ?

Croyances culturelles et familiales : “Une femme ne se met pas en colère”

Très tôt, on nous apprend à sourire au lieu de dire non. À avaler les mots, à se faire petites, à ne pas déranger. On a grandi dans une culture où la femme en colère est vue comme dangereuse, instable, excessive, hystérique. Alors, on s’est modelées selon les attentes des autres : calmes, polies, agréables.

Et notre colère ? Enterrée.

Colère confondue avec violence ou perte de contrôle

On confond souvent colère et violence. Pourtant, ce n’est pas la même chose.
La colère est une émotion. La violence est un acte.
Mais cette confusion nous pousse à nous méfier de notre propre feu intérieur, de notre colère. On la musèle. On croit qu’elle est mauvaise. Et on la redirige… contre nous-mêmes.

La culpabilité : gardienne intérieure de l’auto-sabotage

Dès qu’on ose dire non, qu’on pose une limite ou même que l’on ressent une colère légitime, la culpabilité surgit :

“Je suis trop”, “Je fais du mal”, “Je ne suis pas une bonne personne”.

Alors on se tait. On encaisse. On fait bonne figure.
Et pendant ce temps, le corps encaisse tout le reste.

La culpabilité empêche la colère de nous protéger. Et sans protection, on s’épuise à survivre dans un monde qui ne nous entend pas !

Quand la colère n’a plus de place : les conséquences invisibles sur la santé

Le stress chronique et l’hypervigilance : un corps en alerte constante

Refouler la colère, c’est comme garder le pied sur le frein pendant que le moteur tourne à plein régime. Le système nerveux reste en mode alerte, jour et nuit.

Conséquences :

  • Tensions musculaires constantes
  • Troubles digestifs ou hormonaux
  • Palpitations
  • Insomnies ou sommeil perturbé
  • Boule dans la gorge ou dans le ventre

Le corps hurle ce que la bouche n’ose pas dire.

Les maladies et états liés à la colère réprimée

Des recherches font le lien entre stress chronique, émotions réprimées et dérèglement de l’immunité [1][4]. Ce lien est également exploré en profondeur dans les travaux du Dr Gabor Maté, qui met en lumière le poids de l’adaptation émotionnelle sur l’émergence de pathologies auto-immunes et chroniques [5].

Et aujourd’hui, ignorer le poids de la colère refoulée dans ces processus est une impasse médicale autant qu’émotionnelle.

Quand cette tension devient chronique, elle ouvre la porte à tellement de symptômes :

  • Fatigue chronique persistante et incomprise
  • Burn-out émotionnel, même sans charge mentale apparente
  • Troubles digestifs variés
  • Dépression masquée, sans larmes mais avec un vide intérieur immense
  • Douleurs diffuses (fibromyalgie, migraines, syndrome prémenstruel intense…)
  • Troubles inflammatoires silencieux
  • Dérèglements du système immunitaire

Ce n’est pas “dans ta tête”. C’est dans ton corps, et c’est bien réel.

Colère refoulée et maladies auto-immunes

Et parmi ces dérèglements, les maladies auto-immunes occupent une place de plus en plus préoccupante.
80 % des personnes atteintes de maladies auto-immunes sont des femmes [3].
Ces pathologies (thyroïdite de Hashimoto, lupus, polyarthrite, sclérose en plaques…) ont en commun une chose troublante : le système immunitaire se retourne contre son propre corps.

Est-ce un hasard si cela touche massivement les femmes… celles à qui l’on a appris à se retourner contre elles-mêmes ? Celles qui ont grandi en silence, qui ont avalé leur colère, caché leur tristesse, leur non-dit ?

Le phénomène de dissociation : “je ne ressens plus rien” mais mon corps s’effondre

À force de ravaler, on finit par se couper de soi.
On ne ressent plus rien : ni colère, ni joie, ni désir. Juste un fonctionnement automatique, un mode survie. Le corps, lui, continue de porter la charge émotionnelle. Jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus.

Apprivoiser la colère pour retrouver sa vitalité

Autoriser la colère dans un cadre sécurisé

Exprimer sa colère ne veut pas dire crier sur les autres ou se transformer en dragon.

Ça veut dire : reconnaître qu’elle est là. La sentir. L’honorer. Ne plus s’en excuser.
C’est lui faire une place, sans peur, dans un espace où elle peut circuler sans se retourner contre nous.

Vivre la colère par le corps : l’atelier Colère Originelle

L’atelier Colère Originelle offre cette possibilité rare et précieuse :

  • sortir du mental pour revenir au corps,
  • laisser émerger cette émotion profonde dans un cadre sécurisé,
  • alchimiser sa colère pour ne pas la subir mais la traverser avec conscience,
  • renaître du feu de la colère devenu cendres et retrouver sa puissance, son ancrage et sa légitimité.

Ce n’est pas une tempête émotionnelle incontrôlable.

C’est un accouchement intérieur. Et parfois, une renaissance.

Conclusion

La colère refoulée, ce n’est pas juste une humeur passagère qu’on contient par politesse. C’est une mémoire émotionnelle étouffée, parfois transmise de génération en génération, souvent nourrit par la société comme étant mauvaise.

Cette émotion saine cherche un passage pour s’exprimer. Quand on ne lui en donne pas, elle s’imprime dans le corps. Dans les muscles. Dans les hormones. Dans la fatigue. Dans le sentiment de ne plus avoir de place nulle part.

Honorer sa colère, c’est se rappeler qu’on a le droit d’exister. Pleinement.
C’est poser des limites, dire “non”, reprendre son espace…
Et enfin dire un vrai oui à soi.

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Références scientifiques

[1] Dhabhar, F.S. (2014). Effects of stress on immune function. Immunologic Research, 58(2), 193–210.
[2] Sapolsky, R. (2004). Why Zebras Don’t Get Ulcers. Holt Paperbacks.
[3] AARDA (2023). Autoimmune disease statistics. www.aarda.org
[4] Segerstrom, S.C., & Miller, G.E. (2004). Psychological stress and the human immune system: A meta-analytic study. Psychological Bulletin, 130(4), 601–630.
[5] Maté, G. (2019). Quand le corps dit non : Le stress qui démolit. Les Arènes.

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